
L’insuline est une hormone hypoglycémiante indispensable : elle permet de réguler le taux de sucre dans le sang.
Qui dit hormone dit message, ou plutôt signal envoyé aux cellules.
La résistance à l’insuline, quant à elle, peut se définir simplement comme une perte de sensibilité des cellules à ce signal. Dans cette situation, les cellules du foie, des muscles et du tissu adipeux — mais pas seulement — répondent moins bien à l’insuline.
Le glucose a alors plus de mal à entrer dans les cellules, malgré la présence d’insuline, parfois même en quantité normale ou excessive.
Déficit d’insulinosécrétion ou résistance à l’insuline : ne pas confondre
Il est important de distinguer deux situations très différentes.
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Le déficit d’insulinosécrétion
L’insulinosécrétion correspond à la production d’insuline par les cellules β du pancréas.
Chez certaines personnes, cette sécrétion est insuffisante, sans que cela n’apparaisse clairement dans les bilans classiques.
Tant que la glycémie à jeun — et même l’hémoglobine glyquée — restent dans les normes, ce trouble passe sous les radars. Puis, un jour, la production d’insuline devient trop faible pour maintenir une glycémie normale : le diabète de type 2 est alors diagnostiqué.
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La résistance à l’insuline
Dans ce cas, l’insuline est bien produite, mais les cellules deviennent « sourdes » à son message.
Le pancréas compense en sécrétant toujours plus d’insuline : on parle alors d’hyperinsulinisme.
Or, l’insuline est avant tout une hormone de stockage, notamment des graisses.
Si vous vous battez avec votre poids, sachez qu’être sous influence insulinique rend le déstockage quasiment impossible.
-> Insuline = stockage
-> Stockage = déstockage bloqué
Un déséquilibre silencieux… pendant des années
Le problème, c’est que cet état peut rester totalement silencieux pendant longtemps.
La glycémie à jeun reste normale, tout semble aller bien… jusqu’au jour où elle dépasse la
limite, et où le diagnostic de diabète de type 2 tombe.
À ce moment-là seulement, le suivi médical se met en place : traitement antidiabétique,
contrôle trimestriel de la glycémie et de l’hémoglobine glyquée.
Ne serait-il pas plus judicieux de détecter ce déséquilibre bien avant que le diabète ne
s’installe durablement ?
Le test prédictif : l’indice de HOMA
La mesure simultanée de la glycémie à jeun et de l’insulinémie à jeun permet de calculer
l’indice de HOMA.
Cet indice est un excellent outil pour :
- repérer une tendance à l’hyperinsulinisme
- suivre l’évolution de la sensibilité à l’insuline année après année
-> Il s’agit simplement d’une prise de sang à jeun.
Malheureusement, la résistance à l’insuline ne dispose pas de traitement médicamenteux spécifique. Sa prise en charge repose essentiellement sur des mesures hygiéno-diététiques, ce qui la rend peu « médicale » aux yeux du système de soins… et pourtant fondamentale.
Tant qu’à faire, pensez aussi à demander le dosage de l’hémoglobine glyquée une fois par an. C’est un excellent marqueur du métabolisme glucidique et même du vieillissement. Son utilisation devient d’ailleurs de plus en plus courante, y compris chez les non-diabétiques.
Pourquoi devient-on insulinorésistant ?
Comme tout trouble de santé, la résistance à l’insuline est multifactorielle.
Certains facteurs génétiques ou épigénétiques précoces peuvent nous y prédisposer.
Mais de nombreux facteurs environnementaux et comportementaux jouent un rôle majeur:
- excès de sucres rapides et de fructose
- inflammation chronique
- stress oxydatif
- excès d’oméga-6
- sédentarité
- manque de sommeil
- stress chronique
-> Autant de leviers sur lesquels il est possible d’agir.
Une nutrition adaptée — avec un apport en glucides personnalisé — associée à une activité physique régulière, une meilleure gestion du sommeil et du stress, peut suffire à restaurer l’équilibre métabolique.
La résistance à l’insuline n’est pas une fatalité, même si certains profils nécessitent plus de rigueur et de constance.
Pourquoi dépister la résistance à l’insuline est essentiel
Les chiffres sont préoccupants : plus d’un tiers des adultes en Europe seraient concernés. Et même les enfants commencent à être touchés.
Le véritable problème, c’est que la résistance à l’insuline accompagne de très nombreux troubles de santé :
- prise de poids (notamment à la ménopause)
- hypertension artérielle
- troubles neurodégénératifs (Alzheimer, Parkinson)
- troubles de la fertilité, SOPK
- arthrose métabolique
- stéatose hépatique
- et même certains cancers
-> Plus la résistance à l’insuline est marquée, plus le risque de troubles métaboliques
augmente.
Bien sûr, ces pathologies sont multifactorielles et ne se résolvent pas uniquement en corrigeant l’insulinorésistance. Mais ignorer cette dernière rend toute prise en charge incomplète.
Conclusion
N’hésitez pas à demander à votre médecin le dosage permettant de calculer l’indice de HOMA. Il se peut qu’il soit réticent, faute de solution médicamenteuse à proposer.
Mais une fois ce résultat en main, vous pouvez vous tourner vers un(e) nutritionniste compétent(e), capable de mettre en place une stratégie personnalisée : alimentation, hygiène de vie, et si besoin, compléments nutritionnels ciblés pour soutenir le retour à l’équilibre métabolique.
-> Comprendre, dépister, agir : trois piliers pour reprendre la main sur sa santé.
Si vous désirez approfondir le sujet, je vous propose un webinaire dédié à la résistance à l’insuline, au tarif de 15€ (2 heures de vidéo + supports pdf)
Programme de l’atelier :
- Introduction – quelques chiffres
- Qu’est-ce que l’insuline – ses différents rôles dans l’organisme
- Ne confondons pas insulinorésistance et insulinosécrétion
- Pathologies liées à l’insulinorésistance
- Causes et facteurs de risque de l’IR
- Agir sur ce qui est modulable !
- En pratique
- Les bilans utiles
- Optimiser son assiette
- Macronutriments : protéines, lipides, glucides : quantités et qualité
- Les fibres/MACs et les acides gras à chaines courtes
- Les peptides bioactifs (collagène, PL fermentés)
- l’importance des polyphénols
- Les modes de cuisson à privilégier
- Les suppléments incontournables
- L’activité physique